Interview de Christian Tissier — « Pour faire le vide, il faut d’abord remplir »

Interview de Christian Tissier — « Pour faire le vide, il faut d’abord remplir »

En août 2012, pendant le stage d’été de Wégimont, j’ai passé un long moment avec Christian Tissier Shihan. J’étais alors rédacteur en chef de Flash Aïkido, et cet entretien est paru en exclusivité dans le numéro 122 du magazine. Les questions ci-dessous sont les miennes : la mention « Flash » qui les précède est celle de la revue, restée telle quelle dans le texte d’origine.

Quatorze ans plus tard, je ressors cette archive pour une raison simple. Les revues d’aïkido circulent peu, se numérisent rarement, et leurs numéros finissent dans une caisse. Ce que Christian Tissier dit ici du vide et de la forme, de ce qui se transmet et de ce qui ne se transmet pas, du passage d’une génération d’enseignants à la suivante, reste exactement aussi juste aujourd’hui. Je le republie donc en intégralité, sans retouche.

Flash : Bonjour Sensei, merci de nous accorder cet entretien. Alors d’emblée, une question : quelles premières impressions pour ce stage ?

C.T.: Tout d’abord le temps est magnifique. Quel plaisir de pratiquer sous un ciel bleu et le soleil en Belgique. Peut-être est-ce à cause de ce beau temps que d’un point de vue quantitatif, il y a un peu moins de pratiquants que les autres années pour les premiers jours du stage. Par contre pas mal de gens ont pratiqué ce mercredi 15 août. Tenant compte que tout le monde ne peut pas prendre de vacances quand bon lui semble, c’est logique. Cependant d’un point de vue qualitatif je suis content car les aspects techniques sont acquis plus que jamais chez un très grand nombre de pratiquants. Beaucoup ont facilement adhéré au sens de la recherche que je mène. Par exemple, ce matin plusieurs personnes, même s’ils n’arrivent pas tous immédiatement à reproduire mon travail, admettent l’idée qu’ils pourront l’apprendre sur le long terme avec un souci de persévérance.

Flash : Concernant la pratique de ce matin précisément, n’y avait-il pas un certain travail sur la notion de « vide » ?

C.T.: Pour faire le vide, il faut tout d’abord remplir, créer une forme pleine qu’on videra ensuite petit à petit. Auparavant j’ai parlé des limites du travail.

Par exemple prenons aihanmi katate dori ikkyo tel que nous l’avons travaillé ce matin. Certains le travaillent avec un grand mouvement horizontal pour faire tourner l’uke, ce ne sera pas pareil.

Et nous touchons alors bien aux limites du travail. La question centrale de ce que l’on a fait, c’est de mettre en place des individus. C’est-à-dire des gens qui sont au départ des êtres humains normalement constitués. Des gens qui ont des capacités dans certains domaines mais pas dans tous et certainement pas dans celui d’être ce que l’on est. Tenir une position debout et toujours être à la fois dans le jeu. Mais aussi, dans la vie courante, ne pas imposer mais travailler la base, exposer, argumenter, discuter, comprendre… c’est-à-dire se mettre à niveau avec l’autre. Toujours faire en sorte qu’on égalise une situation plutôt que de la subir mais en tout cas toujours y participer.

Donc si on prend un jeu comme le tennis par exemple, cela ne peut être amusant que dans la mesure où les deux joueurs présents ont envie de jouer, de renvoyer la balle. Si celui qui est en face ne veut jamais la renvoyer ou ne veut jamais faire d’effort, l’autre ne jouera jamais. Mais c’est heureusement un sentiment naturel dans un jeu que de vouloir renvoyer la balle ou l’objet concret ou abstrait quel qu’il soit.

Prenez un gamin auquel vous poussez un « bouh » pour le taquiner. Il vous répond de la même manière en poussant ce cri à son tour. Il égalise la situation, c’est quelque chose de naturel pour lui. Ce quelque chose, cette égalisation, nous devons la rappeler en Aïkido car nous avons eu tendance à dompter l’uke non pas comme un adulte responsable mais comme quelqu’un qui va être l’uke et d’une certaine façon c’est réducteur pour la personne qui tient ce rôle d’uke. C’est quelque chose que je voudrais changer ou en tout cas voir changer dans l’Aïkido. Il nous incombe de développer la communication et le rapport d’égalité, dans l’Aïkido et le reste de notre vie.

Par exemple, du temps des chevaliers, on disait : « Je ne peux pas me battre face à vous en duel car vous n’êtes pas de mon niveau… ». C’est un peu la même chose en Aïkido. Si l’on veut progresser, on ne peut se confronter, on ne peut travailler, qu’avec des gens du même niveau. Il est vrai qu’on peut accepter de jouer au tennis avec sa fille qui a 3 ans. On peut lui renvoyer des balles gentiment mais si l’on veut progresser soi-même, il nous faut prendre un adversaire en face qui nous renvoie la balle de la même manière que nous la lançons. En Aïkido, on devrait répondre de la même manière.

Flash : N’est-ce pas (aussi) une manière d’acquérir davantage de liberté ?

C.T.: Oui… Il y a un moment où l’on en arrive à nourrir la pratique de l’autre, à l’élever. On doit tous tendre à amener quelque chose qui fasse en sorte que la technique devienne logique et intelligente. Une attitude et une pratique orientée dans cette idée doit normalement nous donner plus de liberté. En réalité nous allons de la sorte donner plus de liberté au partenaire et lui-même va alors nous en donner plus encore.

Reprenons l’exemple d’ikkyo, le partenaire se retourne et tu l’acceptes même si ce n’est pas bon. Vis-à-vis de l’uke on en arrive à des situations où il doit s’écraser sinon je vais le punir. Ca ne donne pas de liberté à l’autre et si je ne lui donne pas de liberté, et bien il subit. Ce n’est pas une bonne méthode de travail car je veux aller dans tout ce que l’autre peut apporter de nouveau dans une pratique.

Attention bien entendu que notre but n’est pas de développer la liberté de faire n’importe quoi mais bien de faire quelque chose qui corresponde à l’autre et qui débouche sur une vraie relation d’Aïkido. Une relation qui pourrait certes être conflictuelle mais qui sera apaisée et dans laquelle il y a un échange constant jusqu’à un moment où se produit un phénomène d’osmose dans lequel le mouvement est accompli par les deux entités, par le pratiquant et par celui qui le reçoit en même temps. L’autre est partie prenante de l’action au même titre que moi.

Le problème des pratiquants aujourd’hui, c’est le formatage qui a lieu au départ. Quand et comment arrive-t-on à sortir du formatage ? En tant que Shihan, on peut dire que je construis mes élèves et ceux qui me suivent mais leur formatage est bien là. C’est un grand problème de réflexion, un obstacle auquel il faut penser afin de l’éviter.


Flash : Alors précisément, il est question de rechercher une certaine égalité afin notamment de progresser soi-même et d’élever l’autre mais toi, Sensei, comment fais-tu pour progresser et évoluer encore comme tu le fais ?

C.T.: Penser ses techniques, les recréer, les réinventer, c’est quelque chose qui vient naturellement avec le temps. Parfois je pense à quelque chose de simple de la vie de tous les jours que je ne pourrai accomplir que beaucoup plus tard, quand le moment sera venu de l’accomplir.

Dans notre Aïkido c’est la même chose par rapport aux possibilités, aux potentialités. Combien de fois ne nous disons-nous pas « Je n’arrivais pas à faire ceci avant mais j’y arrive maintenant. » ? Pourquoi n’y arrivais-je pas avant ? Simplement parce que je n’étais pas prêt. Je pouvais le rêver, rêver à cette technique, rêver à cette forme mais le rêve n’était pas accessible. On rêve tous à des techniques et bientôt le rêve devient réalité.

Souvent il m’arrive d’imaginer une technique et des jours, des mois, des années après je me dis « Tiens, aujourd’hui je pourrais le faire ! » Ce truc que je ne savais pas faire, ce jour-là mon corps s’est dit « Aujourd’hui je peux le faire » donc le rêve devient réalité. Ce lien dans le temps et la durée entre l’esprit qui imagine un jour et le corps qui réalise parfois longtemps après est fascinant. Attention…  il faut rêver par rapport à ses propres capacités. Plus tu rêveras et tendras à réaliser ce rêve, plus tes capacités vont augmenter et plus ton rêve va t’emmener loin. Il y aura, malgré tout, des créations qui seront réalisables par toi et d’autres non. C’est pareil pour nous tous je pense. Parfois je pense à des choses qui me trottent dans la tête et me semblent impossibles puis un jour tout cela semble plus faisable, plus abordable. C’est le processus de toute une vie.

Flash : Ce que tu expliques me fait penser à une récente interview d’Hélène Grimaud, la pianiste.  Tu la connais, je pense ? Elle y explique qu’elle travaille ses partitions très souvent sans instrument (visualisation), pour conserver une certaine fraîcheur et garantir le processus de création. Notamment donner une texture, une couleur au morceau qui sera joué…

C.T.: Oui, je la connais. C’est pareil en effet. D’autant que quand tu rêves à ton Aïkido, quand tu fermes les yeux et que tu t’imagines accomplir un mouvement, tu imagines un beau mouvement. Tu n’imagines pas quelque chose de tordu. Pour reprendre ce parallèle, si tu fermes les yeux et t’imagines pianiste, tu n’imagines pas des gestes désorganisés, chaotiques et crispés.

La question à se poser par rapport à ceci est « Comment concevoir ton rêve qui puisse devenir une réalité mais qui corresponde à ce que tu es vraiment ? ». Comment ta pensée peut-elle être guidée par quelque chose qui t’amènera un peu au-dessus de ton niveau et qui te libérera ? Le plus ironique c’est que souvent l’on se contraint soi-même. Même dans notre pratique on se contraint parce que quelquefois on se met des interdits. A partir de là, on ne se permet jamais de faire les choses qui nous libéreraient. En Aïkido, au contraire, il faut faire disparaître les interdits. Il n’y a pas d’interdit, seulement quelques garde-fous qui te signalent qu’à un moment tu dérailles, que ton rêve déraille. Mais si par contre tu vas dans le bon sens, dans la bonne direction, il n’y a aucun interdit. Souvent, quand tu poses un interdit, tout devient interdit. Je vois trop de pratiquants heureux dans le carcan au sein duquel ils se sont enfermés et qui ne veulent pas le quitter parce qu’il leur est trop confortable.

Il y a des gens qui ne deviendront jamais chefs mais qui font très bien leur travail. Ils n’en ont pas envie, ils n’y seraient pas à l’aise. Ils restent à leur place mais ils seront toujours compétents et feront bien leur travail, c’est bien. Dans l’Aïkido on retrouve parfois ce schéma aussi. Parce que c’est ça qui est très bizarre, on voit des gens qui arrivent et qui ont un certain niveau à tout point de vue : humainement, qualités professionnelles, etc. Mais on voit que, souvent, dans le cadre de la pratique, ils ont régressé au plan relationnel. Je crois que c’est une conséquence du formatage. La pratique entraine une évolution positive ou négative selon qu’on grandisse ou diminue l’individu dans son Aïkido. Il y a une véritable responsabilité des professeurs.

Je le vois quand des pratiquants viennent chez moi pour la première fois et me disent « J’ai quinze ans d’Aïkido mais je ne pratique pas vraiment comme vous l’enseignez. » Je leur dis « pas de problème » car ils ont une attitude qui est bonne et tout va bien. Mais il y en a d’autres à qui j’ai envie de dire qu’ils devraient demander des dommages et intérêts. J’ai envie de leur dire « On vous a dupé monsieur, je ne parle pas que sur le plan physique où on vous a détruit mais passer 6 heures par semaine dans une salle pendant 15 ans pour en arriver là, non seulement vous avez perdu votre temps mais en plus on vous a volé. »

Alors comment peut-on en arriver là ? Je pense que quelqu’un peut demander un modèle sur le plan technique mais va après suivre littéralement l’enseignant finalement. Le problème c’est quel recul a l’enseignant vis-à-vis de ceux à qui il enseigne ? Que ce soit de la domination ou simplement du laxisme, dans un cas comme dans l’autre, cela n’ira pas. Ou tout simplement comme le dit le titre de Shihan: on doit être un modèle. Un modèle n’est pas forcément un guide de conscience, ce n’est pas forcément un penseur et chacun est libre mais un modèle doit être une aide pour trouver sa place…

Flash : Merci. Tu as récemment reçu un prix prestigieux, peux-tu nous en parler ? Il s’agissait du…

C.T.: Du prix du Ministre des Affaires Etrangères du Japon 2012. Dans chaque pays un certain nombre de prix sont remis par le Ministre des Affaires Etrangères du Japon. Cette année 4 personnes en France sont récompensées. Un psychiatre japonais qui vit en France depuis longtemps et qui œuvre beaucoup pour la santé des Japonais. Une dame maquilleuse d’effets spéciaux, une librairie, la librairie Picquier qui fournit de nombreux livres traduits du japonais et un Aïkidoka.

Au travers de ma personne c’est le monde de l’Aïkido, les pratiquants de l’Aïkido qui sont reconnus. C’est-à-dire qu’on reconnait qu’effectivement l’Aïkido peut être une entité culturelle et un pont entre les deux nations sur le plan culturel. C’est un honneur pour moi mais surtout pour tous les pratiquants d’Aïkido de France et du monde. On reconnait que l’Aïkido est une passerelle qui permet à deux nations qui ont une passion commune de se retrouver, de se rencontrer.

Flash : Oui c’est une très belle distinction. Encore félicitations. Récemment aussi, tu as été l’instigateur d’une journée d’étude où intervenaient plusieurs disciplines autour de l’aïkido. Il s’agissait d’une carte blanche, je crois ?

C.T.: Oui. La fédération voulait créer un événement annuel pour les aïkidokas. Une sorte de jour de fête. Mais des stages sont déjà organisés toutes les semaines. La fédération voulait faire quelque chose de nouveau et est partie de cette volonté, l’idée de donner une carte blanche à deux représentants de l’Aïkido.

Elle m’a donc demandé à moi et Paul Muller, afin qu’il n’y ait pas qu’un seul représentant technique et que chacun puisse assister à toute cette journée, ce qu’il voulait faire en rapport avec l’Aïkido. J’ai donc invité les pratiquants du Kinomichi qui sont venus d’ailleurs avec beaucoup de chaleur, et j’ai suivi leur cours qui était très intéressant. En plus, la plupart sont des aïkidokas, en tout cas des gens que j’ai connus dans l’Aïkido.

Pour l’après- midi j’ai demandé à Dominique Valéra qui est une légende du Karaté de venir partager certaines connaissances qu’il avait avec les aïkidokas. Il l’a fait avec beaucoup de gentillesse et de brio. Un cours vraiment très adapté sans difficulté majeure pour les aïkidokas et finalement, sa pratique était de l’Aïkido. Il a dépassé le stade des contre et des blocages du Karaté pour une pratique très en finesse, en souplesse avec des placements et des déplacements, jamais violents. Ponctué aussi d’un discours très intéressant et très humoristique. Par exemple : « Dans un combat, si une opportunité existe, je la prends, si elle n’existe pas, je la crée ». C’est formidable. Ou « Moi vous savez dans les frappes je suis généreux, quand il faut donner, il faut donner, je ne suis pas radin ».

Ensuite, Stanley Pranin de l’Aïkido Journal que j’avais invité également à donner une conférence avec de très vieilles photos d’Aïkido. Il a parlé de la Manchourie, Omotokyo, O’Senseï jeune soldat, …. Avec les questions-réponses, à un moment il a fallu arrêter parce que les gens étaient tellement passionnés et les réponses étaient tellement spontanées et précises que cela a duré plus de trois heures.

Donc à refaire. J’en ai parlé à Dany Leclerre afin d’organiser quelque chose comme ça en Belgique, de faire venir des gens de différents horizons et puis pourquoi pas inviter également Stanley qui est un véritable historien de l’Aïkido. Il possède une foule de documents, provenant même, pour certains, de la famille Ueshiba elle-même. Il faut parfois amener une vérité historique et aider à démystifier certaines choses. Il faut parfois ramener O Senseï à sa place d’être humain.

Flash : …Non pas pour discréditer ou dénigrer mais pour se donner le droit de mieux comprendre, en rendant accessible ?

C.T.: Oui. Plus on grandit une légende plus ça valorise d’appartenir à cette légende mais ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. Par exemple sans Morihei Ueshiba personne n’aurait jamais entendu parler de Tokeda Sokaku. Je préfère parler de O Sensei comme d’un homme différent, dans le sens d’une personne à part en tout, aussi bien dans sa pensée que dans son engagement. Comme Degushi Onisaburo, il avait des tas de notes et de papiers mais qu’est-ce qui reste de lui ? S’il n’y avait pas l’Aïkido on ne le connaîtrait pas.


Flash : Si tu nous permets de remonter un peu dans le temps, nous aurions aimé évoquer le stage que tu avais donné conjointement avec Sugano Shihan car ce fut, pour beaucoup, un moment intense…

C.T.: Oui, rétrospectivement ce stage est encore plus touchant car il est mort trois mois après. Les participants avaient répondu présents. Il y avait beaucoup de monde et une bonne ambiance. Sugano Senseï avait intégré depuis longtemps le fait qu’il y avait une possibilité d’avoir des actions communes car cela ne nuisait à personne. Et pour ça je le remercie vraiment. Je n’étais pas personnellement très lié à lui mais je l’avais rencontré de nombreuses fois. Je n’aurais pas accepté ce stage avec d’autres. Ni lui ni moi n’étions contraints ni forcés, c’était parfait.

Flash : Il s’agit de la 13e édition du stage de Wégimont, avec toi, depuis l’année 2000. Que souhaites-tu pour ce stage, à l’avenir ?

C.T.:  Déjà depuis 2000…. Il faut souhaiter que cela continue et que cela évolue. Il y a eu un beau renouvellement depuis le premier stage d’été. Les pratiquants qui venaient en 2000 et ceux d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes globalement. Mon souhait à moi c’est que cela ne s’essouffle pas. Est-ce qu’il faudrait changer le lieu pour créer une autre ambiance ? Pourquoi pas ? C’est vrai que ce n’est pas un stage qui attire beaucoup de Français. Il y a beaucoup de Français qui prennent leurs vacances à cette période et ça ne vient pas à l’idée d’un Français de passer ses vacances en Belgique ou dans le Nord en général. Il y en a qui viennent occasionnellement mais deux jours à Bruges, deux jours à Maastricht. Pour une semaine de vacances tout le monde préférera la mer et le soleil. Peut-être faudrait-il proposer un cadre également agréable pour les accompagnants, pour les familles des pratiquants. Par exemple Spa. Si on trouve un arrangement pour que les personnes qui accompagnent puissent faire un peu de tourisme, avoir un peu de détente ça pourrait amener des pratiquants en plus. Les choses ont changé, les modes de vacances ont changé. Il faut qu’on y réfléchisse.

Flash : Quel regard as-tu sur l’aïkido belge ? Son niveau, en particulier ?

C.T.: Je ne vois pas de différences globalement chez les gens que je connais, que ce soit en Belgique ou en France. Le niveau est même plus élevé en moyenne qu’en France parce que c’est plus homogène comme groupe. Je ne parle évidement que de ceux que je connais. Si vous venez dans mon dojo à Vincennes ou dans le dojo d’un autre ou encore un autre où vous verrez un Aïkido radicalement différent, c’est encore une autre chose. En France, vu le nombre de pratiquants, il y a quelques très bons. Plus il y a de masse plus on peut retirer de bonnes personnes mais forcément plus il y aura aussi de personnes incompétentes c’est comme ça. La seule différence entre l’Aïkido en Belgique et en France est quantitative mais certainement pas qualitative. C’est homogène dans le milieu que je fréquente, les gens pratiquent super bien que ce soit en Italie, en Finlande, en Autriche, en Espagne … Par contre des pays comme l’Uruguay, ou encore à Belgrade où je suis récemment allé la pratique est plus marginale. Ils sentent bien là-bas qu’ils ne sont pas dans la mouvance actuelle. Miyamoto, Shibata, Yasuno, Osawa, moi … constituons une mouvance. Il y a des différences mais c’est le même moule. Une génération de maîtres est en train de partir et une autre génération prend le relai. C’est comme ça.

Merci beaucoup Sensei pour cet entretien.

C.T. Christian Tissier Shihan

Entretien réalisé au stage d’été de Wégimont, en août 2012, et publié dans le magazine Flash Aïkido n°122. Nous remercions Christian Tissier pour sa disponibilité et sa sincérité. Photographie : Hélène Rasse, qui nous a aimablement autorisés à la reproduire.

👋 Nouveau ou nouvelle sur le tatami ? Decouvrez notre guide pour debuter l'Aikido : etiquette, vocabulaire et premiers cours expliques simplement, sans rien a savoir par coeur a l'avance.